« Je vous aime comme du poisson pas
né »
Nouveau chapitre des fantaisies de l
épistolaire, voilà un essai d'une romance lyrique & décalée.
Conversation théâtrale imaginée par Fiordiluna ( http://fiordiluna.blogspace.fr/
) et Marilyn.
Acteurs
: Fiordiluna « Mademoiselle la Lune » ; Marilyn
« l amoureuse »
Synopsis
: La scène se passe au Clair de Lune, « l amoureuse,
petite fée du Marais » doit déclarer sa flamme à
« Mademoiselle la Lune »
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L' amoureuse
(Marilyn)
Oui mademoiselle, je n exagère rien
en m exprimant de la sorte. Hier soir, ma flânerie des cents pas m
a conduit dans l embarras de mon coeur qui lui seul héritât.
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
Votre coeur est sans doute un bien
vaste jardin, pour que vous ne puissiez l'explorer sans vous y
perdre en chemin... Aussi je conçois que mille roses doivent y
fleurir ça et là... Vous ne souffrirez donc point que l'une d'elles
vous cache ses parfums, et n'accepte de soumettre à votre mains
capricieuses que les épines acerbes dont le ciel la para...
L'
amoureuse (Marilyn)
Depuis fort
longtemps, j exhortais en secret de s aboucher nous deux, et voilà
que je peine à terminer mes voeux...
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
Refermez donc cette bouche, qui,
ainsi alanguie, ressemble en tout point à un gouffre goulu... Et
sachez que vos yeux si avides me font tressaillir, car tout y
paraît le Loup qui attend, pernicieux, au détour d'un chemin, une
proie convoitée.
L' amoureuse
(Marilyn)
Le Loup? D où vous vient cette
« gracieuse » idée? Les veilles, que j eusse faut de
grands discours répétés presque tous les jours, je meurs de voir
commettre sottise en pareille surprise. Je vous prie de ranimer l
éveil de mon courage & espérance en ces quelques
circonstances...
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
Vous m'exhortez à ranimer en vous courage et espérance, mais c'est
en moi-même qu'il me faut les trouver pour supporter encore vos
discours désuets, et vos yeux libidineux où appert un désir, qui,
loin s'en faut, ne me sied !
L' amoureuse
(Marilyn)
Ne me maudissez point si fort, chut
chut, je me fais de l effort Mademoiselle, à mes propos de vous y
conter la passion de ma déclaration...
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
Ma mansuétude mon amie, ne saurait
outrepasser les bornes de la décence, celles que précisément, vous
franchissez sans vergogne.
L' amoureuse
(Marilyn)
Point de frontière ma mie, j ai beau
jurer, pester, railler, ronger, prier, j espère que mon entreprise
maladroite n est donc partout exposée aux traits de votre risée!
Pestez donc la journée, vous ma nuitée, Fi donc!
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
O
joie ! Voyez comme ma risée fit oeuvre productrice : désormais nous
voilà réconciliés, puisque vous m'oubliez...
L' amoureuse
(Marilyn)
Comment le pourrais-je?
Mademoiselle... je....je......j ai.........
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
Voyons, ne vous empourprez point de la sorte. Mirez donc ce ciel,
clément et délectable. Il invite à la meilleure des entreprises que
l'on puisse mener dans un cas de cette sorte. Qu'entends-je ? Vous
me demandez si nous nous rendrons donc chez moi, ou bien chez vous
?
L' amoureuse
(Marilyn)
J en meurs d envie....mais je n ose
point......je n ai jamais osé vous le dire....
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
Mais
vous auriez dû, je puis vous l'assurer ! car vous allez être
comblée, je vous répondrai que nous ferons les deux : Vous,
vous rentrerez chez vous, et moi, chez moi !
L' amoureuse
(Marilyn)
Mais de grâce, ne souriez pis, ma vie
est dans ce récit, de grâce ne raillez point, que je meurs par le
reflet de votre main!
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
Allons, allons, relevez-vous séant ! Vos implorations et
supplications, vos yeux larmoyants et vos mains éperdues n'ont
point d'autre effet que de souiller le bas de mon jupon!
L' amoureuse
(Marilyn)
Mademoiselle...je crie au
désespoir!!! : « O désespoir que mon coeur sombre dans le
noir »....
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
Puisque de toute évidence, votre
coeur est si embrouillé, je fais la gageure que le noir ne pourra
que vous aider à y voir plus clair !Allez ! Cheminez seule dans
l'obscurité ! Voyagez très loin d'ici ! Instruisez-vous !Mais, de
grâce, cessez vos jérémiades... délaissez cette pâmoison que vous
inspire ma personne car elle ne fait naître en moi, que compassion
et ironie.
L'
amoureuse (Marilyn)
Moquerie? Vous travaillez à me fâcher et ne voyez donc point
mademoiselle! vous me rendez folle, vous me désespérez !
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
Redescendez sur Terre, nul ne peut décrocher la Lune !
L'
amoureuse (Marilyn)
Nul de ne pouvoir le
vouloir...Voilà ma confession, elle accourt en ce jour, tiraille
mes entrailles, l'heure où je pleure... Je meurs ! Je suis perdue !
Je m'en vais pour ne plus vous revoir.
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
A la bonne heure !
L'
amoureuse (Marilyn)
Décidément je me me sauve! Vous êtes l être la plus ennuyeuse,
vous n entendez rien et encore pas des deux oreilles et c est par
complaisance que je me sens en vérité obligée de rester ici...
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
Soit, restez ici aussi longtemps qu'il vous plaira, et exprimez
votre souffrance et votre désespoir de l'aube embrumée au
crépuscule étoilé si bon vous semble. Mais, pour ma part, je rentre
séant retrouver ma maisonnée.
L' amoureuse
(Marilyn)
Je ne vous défends pas... mais je me préoccupe de votre santé,
il y va de mon devoir de vous y amener... Je vous abuse, je vous
amuse, vous ma muse, ma lyre, ma lune, ma nymphe.
Mademoiselle la
Lune (Fiordiluna)
Votre muse, votre lyre, votre nymphe etc etc etc n'a que trop
longtemps délaissé sa lune. Voyez, me voilà déjà repartie, la tête
dans les étoiles, oublier tous ces vains discours, ainsi que vous,
cela va de soi. Adieu
L' amoureuse
(Marilyn)
A Dieu mademoiselle, le jour se lève... mademoiselle,
mademoiselle la Lune....
Moi la petite fée du marais, je vous aime... Oui je vous aime...
Comme un poisson pas né...
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En vous
remerciant de nous avoir lu jusqu'au bout. N hésitez pas à
« jeter » un coup d oeil sur un blog malheureusement
méconnu, celui de Fiordiluna, assurément, vous n y perdrez pas
votre temps. Peut être y adjoindrez vous
un petit commentaire, le « salaire » du plaisir d aimer
les mots.
http://fiordiluna.blogspace.fr/